2020-2021 --- La COVID 19 sévit en France et dans le monde. Nous déplorons (à ce jour le 15/05) près de 108 000 morts en France.

  • Si nous regardons « DANS LE RETRO » nos ancêtres, entre 1588 et 1883, ont subi plusieurs épidémies : peste, dysenterie, famine, choléra.

1588, septembre — épidémie de peste :700 morts à St Geniez et 2 400 à St Côme.

1628, en été — encore la peste : 8 000 morts à Villefranche de Rouergue. Elle durera jusqu’en 1630.

1652—la peste à Rodez.

1661— épidémie de dysenterie à St Geniez et à Ste Eulalie.

1681 – 1690 — fièvres malignes.

1693 – 1694 — grande famine : plus de 1 000 000 de morts en France. Dans les villes, les pauvres meurent sur le pavé. Dans les campagnes, les hameaux perdent leurs habitants jusqu’au dernier.

1707— petite vérole : 160 enfants morts à St Geniez

1709— épidémie de dysenterie : 300 morts à St Geniez.

1731— épizootie générale qui tua des milliers d’animaux : autant la brebis du pauvre que le bœuf du seigneur.

1765 — vague de décès jusqu’au printemps 1767 (dysenterie :  manque d’hygiène : on patauge dans la boue et les excréments d’animaux).

1832 — le choléra fait 100 000 morts en France puis se propage particulièrement en Languedoc et en Roussillon.

1848 — le choléra fait encore 100 000 morts.

1856, en été — le choléra fait encore 150 000 morts.

1862, en automne — le choléra revient.

  • En regardant cette même période, 1588 – 1883, nous voyons que les sècheresses et les inondations ont été souvent spectaculaires.

1594, juin —la pluie tombe sans discontinuer jusqu’à fin septembre. Toutes les récoltes sont perdues. Les 2-3 et 4 octobre, de fortes gelées détruisent les dernières réserves. Il fera très froid tout l’hiver et des gelées terribles dureront jusqu’à la mi-mai 1595.

1595, du 4 juin au 8 septembre — la sècheresse est absolue (herbe jaunie, fruits mort-nés). Il ne reste que quelques fèves et châtaignes pour vivre.

1608, octobre — grandes inondations.

1661 — récolte catastrophique en Rouergue, redoutable famine.

1709 — le froid dépasse tout ce que l’on peut imaginer. Le givre pénètre dans les lits. Quand on sort le pain de l’armoire, il est gelé ; on doit le couper avec une hache. Les tonneaux de vin sont crevés sous l’action du gel ; noix, châtaignes, arbres fruitiers, tout est détruit.

1718, 15 avril-15 septembre — grande sècheresse, 5 mois sans une goutte d’eau.

1736, 12 juillet — la grêle tombe avec une rare violence ; elle tombera jusqu’à 4 fois dans la même journée. Plus de la moitié de la récolte de blé, seigle, orge est détruite.

1740 — année de grand froid.

1750 — année avec gelées, grêle, inondations…

1767-1770 — récoltes exceptionnellement maigres durant ces 3 années.

1778 — novelle disette.

1788 — récolte désastreuse.

1816 — récolte catastrophique ; début de famine et flambée des prix.

1817-1819-1829 — hivers terribles.

  • Dans ce même temps, les conflits n’ont pas épargné nos ancêtres.

1643-1656 — le temps des croquants : des croquants soulèvent les paysans contre les percepteurs de la taille.

1648-1653 — fronde des grands seigneurs : guerre civile déclenchée par la noblesse et le parlement.

1664 — mise en place des registres dits « cadastre » : évaluation des biens des familles.

1667-1668 — guerre de « dévolution » contre l’Espagne ; levée des troupes.

1672 — guerre de Hollande : 100 000 hommes mobilisés, immenses dépenses. Colbert impose de nouvelles taxes, de nouveaux impôts indirects sur cartes à jouer, tabac, papier timbré.

1674 — lever de troupes pour la milice ; on craint les Espagnols.

1689 — nouvelle levée de troupes pour la milice ; ce sera pareil en 1690, en 1694 et 1695.

1695 — la « capitation » (taxe par tête) est établie ; on impose une somme variable selon la situation de chacun.

1756-1763 — guerre de sept ans, perdue par la France qui abandonne des colonies à l’Angleterre.

1789 — révolution.

1793 — guerre contre l’Autriche avec, en plus, le soulèvement en Vendée.

1794 — réquisition pour l’armée ; chasse aux insoumis.

1807 — réquisition de 80 000 hommes.

1810 — réquisition de 180 000 hommes.

1811 — recrutement de 120 000 hommes.

1813 — trois vagues de recrutement : 150 000 hommes, puis 100 000 et ensuite 180 000. Dans la même année on appelle par anticipation160 000 jeunes et 120 000 anciens rappelés des classes 1808-1814. Défaite de Leipzig et 150 000 nouveaux soldats recrutés.

1859 — retour d’Italie pour plusieurs hommes ; victoires de Magenta et de Solférino.

1862 — guerre contre le Mexique (5ans). Le phylloxéra fait son apparition.

1870 — guerre contre la Prusse.

1871 — émigration d’Aveyronnais vers Paris.

1883-1884 — départs d’Aveyronnais vers l’Argentine.

…. Sans commentaire !

Source : Combes de Malescombes

LE CHATEAU

C’est vers 1806 que M. Jean Antoine Alexandre Buré de Lamathe, propriétaire foncier, fit construire, au milieu du village de Saint Saturnin, cet énorme bâtiment rectangulaire connu maintenant sous le nom de « château ». Il n’eut pas le temps de l’habiter, ni même de l’achever. En effet, étant monté sur la charpente de la toiture pour vérifier le travail de ses ouvriers, il glissa, fit une chute de quinze mètres et s’abattit sur le sol. Il décéda le 3 octobre 1807.
M. de Lamathe ne laissait aucun héritier direct de sorte que, pendant plus de cent ans, le « château » resta inachevé, sans escalier intérieur.
Au temps de Jules Ferry, on y installa, vaille que vaille, l’école libre des garçons ; c’est là que nos parents, à nous les « anciens » de Saint-Saturnin, ont appris à lire et à écrire.
La succession Lamathe passa, en ligne collatérale, à la famille Castel, puis, pour une partie, à la famille Tabart, notaire à Saint-Saturnin-de-Lenne et ensuite notaire à Laissac. Ce M. Tabart possédait des terres qui étaient gérées par des fermiers. C’est ainsi que M. Costes Etienne, Jean-François, Aimable (mon arrière-grand-père) et son fils Costes Etienne (mon grand-père) quittèrent le fermage qu’ils tenaient aux Crozes et prirent le fermage des terres de M. Tabart. Ainsi, dans les années 1900, ils vinrent vivre dans les locaux du « château » appartenant à Maître Tabart. D’ailleurs on avait coutume d’appeler mon arrière-grand-père : Etienne del Castel.
C’est dans le « château » qu’eut lieu, en 1907, le repas de noces de Costes Etienne, mon grand-père, et Brouzes Germaine. C’est dans ces locaux que naquirent trois enfants de ce couple : Jean en 1908, Joseph (mon père) en 1911 et Noëlla en 1914. C’est aussi dans ces locaux que ma grand-mère, Germaine, faisait chauffer la gamelle des écoliers venant des hameaux alentours (l’école des garçons se tenait au « château » comme dit au-dessus).
Entre les deux guerres, un enfant du pays, M. Louis Bel, se rendit acquéreur du « château » ; il le fit très somptueusement aménager en résidence privée.
Etant enfant, j’ai eu le privilège d’y passer des après-midis à jouer avec les petits-enfants de M. Louis Bel. Une grande partie du sous-sol était aménagée en salle de jeux. Le goûter servi par Mme Bel dans la grande cuisine du « château » était délicieux (grandes tartines de confiture, gâteaux, …) ; j’en ai encore l’eau à la bouche. Le parc semblait immense à nos yeux d’enfants (j’ai su plus tard qu’il avait une superficie d’un hectare). Là nous inventions toutes sortes de jeux tout en étant en sécurité, bien à l’abri !
Par la suite, ce bel immeuble est devenu propriété de l’Association « Chez Nous », oeuvre de protection de la jeune fille, dirigée dans Les Landes, au Boucau, par une Aveyronnaise dévouée : Melle Lacombe. Par la suite, les normes de sécurité exigées pour un tel établissement, ont contraint cette Association à se séparer du « château ».
Alors, il fut acquis par un couple d’Anglais qui l’a transformé en hôtel-restaurant. Ils ont investi beaucoup d’argent dans son aménagement pensant peut-être que l’arrivée de l’autoroute A 75, leur amènerait une clientèle. Mais ce ne fut pas le cas et ils furent déclarés en faillite. Par la suite, le château fut mis en vente par adjudication.